Je donnais une conférence l’autre jour à l’EM Normandie à une classe de 100 étudiants…et garder l’attention de 100 étudiants de 20 ans pendant 3h, est toujours pour moi un vrai défi. J’ouvre ma conf avec “bon, je parle de réseaux sociaux mais vous pouvez fermer votre ordinateur..” et malgré l’ordinateur fermé, un certain nombre d’étudiants consultent de façon compulsive leur Iphone (ou téléphone ou même Ipad…).

Pourtant je pense être un bon professeur, avec un cours vivant où les étudiants participent régulièrement sur des sujets qui les intéressent et les touchent….Mais une bonne frange n’arrive pas à se concentrer, une bonne frange est non “implicable” dans le cours malgré tous mes efforts pour les impliquer et tous mes artifices pour les amener à participer.

J’utilise différentes stratégies, l’interpellation, la dynamisation avec un étudiant qui vient présenter, le questionnement intensif…tout y passe.

Je pense que cette génération d’étudiants attend autre chose de nous et que pour les faire participer, il faut totalement oublier le cours traditionnel mais bien passer au collaboratif: il faut les impliquer à 100% dans le cours.

Donc donner une définition de base, 2/3 exemples et après vogue la galère…

C’est la fin du cours tel qu’on le connait…les professeurs encore sur ce mode là, ne sauront pas s’adapter au public et à l’époque et continueront de croire qu’ils doivent enseigner sans impliquer….mais aujourd’hui, c’est tout bonnement IMPOSSIBLE.

Ces professeurs/intervenants sont voués à disparaitre…et cèderont la place à un nouveau type d’enseignants: ceux qui utilisent les médias, ceux qui co-construisent le cours, ceux qui demandent aux élèves de participer…en utilisant les technologies comme support!

Et pourquoi pas utiliser Facebook pour faire cours ou même twitter?

Je n’ai plus de limites dans la réflexion car j’ai aussi envie d’impliquer cet étudiant qui utilise son Ipad ou cet autre qui échange des SMS avec ses camarades.

L’enseignant est mort, vive l’enseignant!

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3 comments untill now

  1. Salut Laurent,

    Effectivement, bien que l’on ne soit pas bien vieux, on prend toujours un coup de bambou lorsque l’on est en face des ces étudiants !

    Manque de recul, aucun stress (visible) de la vie, et donc pas de sentiment de réaction de leur part en ce qui concerne leur arrivée sur le marché du travail.

    Le stress est une réaction chimique qui permet de (au choix, selon que vous soyez un animal ou pas;-)) : hérisser le poil, sortir les griffes, exciter les muscles, montrer les dents, accélerer le rythme cardiaque, augmenter l’acuité visuelle, la concentration, etc…. Malheureusement rien (ou presque) de tout ça ne semble avoir de prise sur cette nouvelle génération ! Donc, les conseils que nous prodiguons durant nos cours ne semblent pas toujours avoir l’impact espéré.

    J’ai toutefois 1 phrase qui accroche leur attention: “Tout ce que je vous dis là, j’aurais aimé l’entendre il y a 8 ans de ça, car voici toutes les erreurs que j’ai faite durant ces années sur les réseaux sociaux et/ou ma recherche d’emploi”. A partir de là, mon cours devient atelier, et mon discours devient échange. Et tu as raison, c’est ici que le changement opère.

    Des cours, ils en ont bouffé. Des cours chiants, encore plus a priori. Par chiant, j’entends l’opposition traditionnelle le sachant/les élèves, le moi face à la classe. C’est fini tout ça ! Déjà en tant que sachant, ça ne m’intéresse pas plus que cela d’être sur ce modèle, mais alors si j’étais étudiant….. Bref, je les comprends.

    Pour avoir vécu plusieurs années à Montréal, je sais les cours basés sur un démonstratif participatif, et non un cours didactique. Et toute la différence se fait là ! Mais ce travail commence dans les petites classes ! Le stress du poème au tableau, ou de l’exposé devant toute la classe n’existe pas outre atlantique.

    Un exemple tout bête: au Canada, quand j’étais petit, on me demandait souvent de préparer des exposés à présenter ensuite devant toute la classe. Mais ATTENTION, le sujet était libre ! Plus ou moins guidé selon l’objectif pédagogique, mais LIBRE ! Ainsi, je n’étais pas du tout stressé, puisque j’allais intervenir sur un sujet qui me tenait à coeur, que je maîtrisais absolument sur le bout des doigts, et sur lequel il me faisait plaisir d’intervenir. Aucune raison de stresser ! Mon retour en France, dans la scolarité française a été un calvaire. Un stress immense.

    Relis bien les mots de mon dernier paragraphe: je parle de LIBERTÉ, de PLAISIR, d’ÉCHANGE, etc… Sont ce des mots qui te semblent décrire l’école à la française ? Et non !

    La place du prof en France est sacralisée. Cela a des bons aspects quelque part, mais cela a ses limites ! Dernière anecdote après je laisse ton blog tranquille: Lors de mon retour en France, je devais avoir 11 ans de mémoire, je sortais donc de 5 ans d’école en ANGLAIS. C’est ma langue d’apprentissage, devenue quasiment ma langue première de réflexion et d’expression à l’époque. Arrivé au collège, la prof d’anglais ma tout bonnement INTERDIT de prendre la parole en classe ! Au lieu de s’appuyer sur moi, à la limite, pour engager des conversations, des jeux de rôles, etc… ce que je venais de connaître durant des années, je me suis trouvé confronté à un MUR “Je suis le sachant, tu te tais”… Jusqu’au jour où je n’ai pas pu m’empêcher de la reprendre sur un truc. J’ai donc été…..puni ! French logic !

    Bref, totalement d’accord avec ton billet du jour sur ton blog, mais simplement le travail doit prendre racine bcp plus loin ! Ce n’est par arrivé à 20 ou 23 ans que tu casseras les codes établis de tout le travail de sape entrepris dans les classes précédentes par des profs “old school”.

    Kenavo.

    Alex.

  2. Anne Healy @ 2012-11-08 16:10

    Bonjour Laurent,

    C’est pour ça Laurent que tu organises des “Barcamp”, des non-conférences !
    C’est une véritable question…Comment enseigner, transmettre un message efficace à cette génération Y, qui perd toute attention au dela de 2mn…Nous y réfléchissons chaque jour au sein de notre école et le principe du Barcamp a été tenté lors du Défi Innovation sur les 3 campus de Skema : Lille, Nice et Paris…Sujet passionnant ! Merci

  3. Laurent Brouat @ 2012-11-08 18:08

    Je vois que c’est un sujet que tu as déjà abordé :) )

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